- En 1981, Sony lance le
Mavica (Magnetic
Video Camera). Il est doté d'un capteur CCD de
279 300 pixels (l'Amstrad D950 qui arrive en même temps sur le
marché en possède dix fois moins) et stocke les photos
numériquement sur une mini-disquette d'une capacité de cinquante
photos. Avec des accessoires supplémentaires, il est possible de
visualiser les photographies sur un téléviseur, les imprimer ou les
envoyer par le réseau téléphonique, sans possibilité de
retouche ;
- En 1989, Canon a inventé son premier appareil numérique le
Canon RC-760 avec une disquette de 2 pouces (Video Floppy Disk),
les photos sont en noir et blanc.
- En 1990, Kodak sort plusieurs
appareils à usage professionnel. Le Fotoman (1992) de Logitech, à destination
du grand public, permet de stocker sur 1 Mo, trente-deux
photographies en niveaux de gris ;
- En 1991, Kodak sort à
l'intention des professionnels un dos numérique de 1,3 mégapixels
(le DCS 100) pour le Nikon F3, un
appareil photo reflex classique (argentique).
C'est la première fois qu'on peut utiliser un reflex pour produire
des images numériques ;
- En 1994, apparaît chez
Apple le premier
appareil photo grand public couleur, le QuickTake 100 de
0,3 million de pixels, comme le Fotoman Plus de Logitech sorti peu de
temps après ;
- En 1995, apparaît chez
Casio le premier appareil
photo doté d'un dos LCD
à destination du grand public ;
- En 1999, Nikon lance le
Nikon D1, premier
appareil reflex numérique conçu entièrement par un grand
fabricant. Il est équipé d'un capteur de 2,74 mégapixels. Les
capteurs de plus d'un mégapixel se généralisent ;
- En 2000, Canon lance son premier
reflex entièrement conçu par eux-mêmes, le D30 de 3 mégapixels.
Jusqu'alors, Canon était associé à la firme américaine Kodak pour
produire conjointement des boîtiers avec capteur Kodak ;
- En 2002, Canon lance son premier
appareil reflex numérique 35 mm (36 x 24 mm), le EOS 1Ds.
Deux capteurs APS-C CMOS
apposés côte à côte permettent d'obtenir un capteur 36 x 24 mm
de 11 mégapixels ;
- En 2002, il se vend en
France deux fois plus d'appareils photo numériques que l'année
précédente. 70 % du chiffre d'affaires de ventes d'appareils
photographiques proviennent du numérique[1] ;
- En 2003, Canon sort le premier
reflex numérique à destination du grand public : l'EOS 300D en Europe
et Digital Rebel en Amérique du Nord ;
- En 2004, Canon lance le
1Ds Mark II de 16 mégapixels. Le deuxième appareil avec capteur
CMOS 36 x 24 mm ;
- En 2004, des capteurs
numériques équipent un bon nombre de téléphones
cellulaires, le plus souvent avec une définition de 640 x
480 pixels(0.3MP) (VGA),
parfois avec un capteur de 1,3 million de pixels ou
plus ;
- En 2005, Canon sort le
premier reflex numérique 24 × 36 à moins de 3000 euros : le
EOS 5D, référence pour les photo-journaliste jusqu'à l'arrivée des
D300/D700 chez Nikon et du 5D Mark2 sortis tous trois en
2008 ;
- En 2006, le géant
américain Kodak ainsi que
l'ensemble de ses concurrents (Fuji, Agfa, Konica
Minolta...) connaissent des baisses de chiffres d'affaire
records dues à la non rentabilité des appareils et accessoires
argentiques ;
- En 2007, Kodak crée un
nouveau type de capteur[2] qui, au
lieu de tester en chaque point la luminosité de trois couleurs,
sépare les informations de luminance et de chrominance, et utilise
donc quatre capteurs. Le bénéfice attendu en est une plus grande
stabilité de luminance ;
- En 2008, certains
téléphones cellulaires disposent d'un APN de 8,1 mégapixels, flash
au xénon ou à DEL ;
- En 2008, Panasonic présente ses G1 et
GH1, à objectifs interchangeables et dotés d'un capteur CMOS 4/3 de
12,1 mégapixels. La firme inaugure une nouvelle catégorie
d'APN : les
hybrides ;
- En 2009, la
diversification des appareils photos numériques se poursuit avec la
sortie de l'Olympus Pen
E-P1 à objectifs interchangeables et doté d'un capteur CMOS 17,3 x
13 mm de 12,3 mégapixels. Leica sort le 9 septembre
2009 le plus petit appareil en équivalent 24 x 36 (plein format) du
monde, le M9[3]
(appareil télémétrique).
Prise de vue numérique [modifier]
Les systèmes optiques (objectif,
viseur optique, chambre reflex), de ces appareils sont voisins des
solutions argentiques. L'obturateur mécanique
n'est nécessaire que dans les
appareils reflex ; dans les autres appareils numériques,
il est le plus souvent remplacé par un « obturateur
électronique » intégré au capteur.
Ce composant électronique, sensible à la lumière, prend la
place du film et
traduit les informations lumineuses en
signaux électriques.
Le signal électrique de l'image est traduit en une matrice de
valeurs de luminance lors de la quantification, l'image
numérique qui sera, après traitement, stockée dans un
dispositif de mémoire
électronique, généralement une carte mémoire flash
de petit format.
En fonction de l'appareil et des réglages, les points (pixels) de l'image sont traités de
manière à améliorer le rendu : interpolation
pour reconstituer les couleurs, filtrage
pour augmenter le rapport
signal sur bruit, accentuation pour
augmenter la netteté,
correction des couleurs (balance des
blancs), etc.
Ensuite, leur nombre peut être réduit pour prendre moins de
place, en diminuant la définition où la zone centrale est étendue
par interpolation pour obtenir un effet de zoom numérique. Dans ce
cas, les pixels supplémentaires sont interpolés,c'est-à-dire
calculé par des fonctions mathématiques, ce qui entraîne une
dégradation de la qualité globale de l'image. Le même traitement
peut être effectué a posteriori par un logiciel de
retouche d'image.
Le capteur est un CCD,
CMOS ou un capteur
FOVEON.
Commande à distance par prise USB [modifier]
Cette fonction permet des prises de vues commandées depuis un
ordinateur pour des applications variées : image par image
pour animation en
volume, fonction webcam, etc. C'est une
des possibilités qui existe souvent mais qui figure rarement sur
les publicités ou même les spécifications des fabricants. De plus,
même si cela est possible, le logiciel n'est pas toujours fourni
avec l'appareil. Au sein d'une même marque tous les appareils ne
sont pas commandables à distance[4].
Transfert et stockage [modifier]
Ces informations résultantes sont groupées dans un fichier
informatique. On rencontre trois grandes familles de
fichiers :
- Les fichiers JPEG
sont des fichiers compressés.
L'électronique de l'appareil applique l'algorithme de
compression en fonction du taux sélectionné. Cette compression est
destructive, des informations sont perdues. Mais le phénomène reste
peu perceptible pour l'œil humain, pour
des faibles taux de compression.
- Les fichiers TIFF
sont des fichiers non-compressés ou compressés sans pertes,
c'est-à-dire que leur compression est moins efficace que celle des
fichiers JPEG. Il s'agit d'une compression non destructive, car les
informations ne sont pas perdues.
- Les fichiers RAW sont
des fichiers compressés ou non « propriétaires » (dont la
définition n'est pas publiée), propres à chaque fabricant contenant
toute l'information captée par le capteur. Ils sont beaucoup plus
gros que les fichiers JPEG. Ils nécessitent un logiciel spécialisé
pour être lus. Suivant les fabricants, ces fichiers peuvent être
compressés de manière destructive ou non.
Enfin, en plus de l'image proprement dite, ces fichiers
transportent des informations sur les conditions de prises de vue
(en-tête Exif),
qui peuvent être lues totalement ou partiellement par de nombreux
logiciels. Cet en-tête peut disparaître lors du traitement de
retouche si ce format n'est pas supporté par le logiciel
utilisé.
Les photographies sont stockées soit dans la mémoire de
l'appareil lui-même (en règle générale, de l'ordre de quelques
images en définition maximale), soit sur une carte mémoire
extractible.
Le transfert des données peut être fait par un câble (USB en
général), par extraction et lecture de la carte mémoire sur un
ordinateur. Certains appareils peuvent transférer les images par un
système sans fil (Bluetooth ou Wi-Fi).
Le transfert peut être fait vers :
- Un ordinateur
personnel, permettant de visualiser, trier et de traiter les
images ;
- Un disque dur
externe et ou portatif;
- Une imprimante où les
possibilités de sélection et de retouches sont minimes ;
- Une console de développement sur papier, permettant également
de visualiser et de trier les images.
- Un lecteur multimédias
portatif (téléphone
cellulaire, lecteurs de fichiers .mp3, lecteurs de fichiers
portables, console de jeux portatives...)
Les appareils photo numériques embarqués sur les téléphones
cellulaires permettent des usages orientés vers la communication.
Les images peuvent ainsi être transférées vers les équipements
précédents mais aussi directement vers :
Appareil numérique compact.
Les images produites peuvent être visualisées sur l'écran
arrière de l'appareil photo et supprimées au besoin ou exportées
vers un ordinateur,
retouchées grâce à des logiciels, publiées sur Internet, imprimées,
stockées sur cédérom ou
DVD...
Certaines imprimantes, avec ou sans écran de contrôle, lisent
directement les cartes-mémoires et ne nécessitent pas d'ordinateur
intermédiaire. L'ancienne étape de développement du film
est supprimée, ce qui fait gagner du temps et permet parfois aussi
de prendre des photos dont le contenu est très personnel. Mais
également, le tirage des images en couleur devient à peu
près aussi facile que les tirages papier noir et blanc qui
pouvaient se faire avec un labo amateur. Toutefois, les encres et
papiers spéciaux sont très onéreux et le tirage de qualité à
domicile n'est pas compétitif avec le tirage professionnel.
Les modèles récents d'appareils photo numériques, de type
compact,
bridge ou reflex,
proposent des
définitions suffisantes (généralement de 5 à 14 millions de
pixels) pour tirer des
images de format A3,
voire supérieur, ce qui autorise l'usage d'un boîtier numérique
pour l'illustration. Les photojournalistes utilisent désormais des
appareils photo numériques pour transmettre électroniquement les
photos à leur rédaction depuis le lieu de prise de vue.
Parallèlement, le marché professionnel utilise aussi des
dos numériques de 11 (pour Kodak) à 16 voire 50
millions de pixels ; tous ces capteurs sont conçus pour se
placer au dos de l'appareil photo (d'où leur nom de dos
numérique). Ils sont utilisés dans la mode, sur des moyens formats
(voir Format
de pellicule photographique) ou sur des chambres
photographiques (type SINAR,
GRETAG...) pour la publicité ou la reproduction d'œuvres
d'art.
Les amateurs aussi accueillent avec enthousiasme les appareils
numériques dont le coût a nettement diminué. L'informatique à
domicile, le World Wide Web,
le courrier
électronique et la facilité de partager ses photos avec ses
proches ont probablement beaucoup contribué à cet engouement. La
liberté de laisser chacun des membres de sa famille gérer à sa
guise les photos qu'il désire et le nombre de leurs tirages a
certainement eu son importance également. L'usager n'a plus besoin
de consommer de pellicules voire de tirer les documents s'il se
contente de l'écran de l'ordinateur : il est totalement
autonome. Le numérique permet en outre de multiplier les essais à
moindre coût.
Le marché actuel [modifier]
Appareil photographique numérique à
visée télémétrique (Leica
M9)
Appareil photographique reflex
numérique (Canon EOS 300D)
Appareil numérique de type bridge
(Canon S3 IS)
Le marché actuel des appareils photos numériques est segmenté en
six catégories principales :
- L'appareil à visée
télémétrique représenté aujourd'hui par un seul constructeur,
Leica. En 2006 est sorti
le M8, en 2008 la
version rénovée du M8, le M8-2, et en 2009 le M9 seul
télémétrique numérique en plein format, 24 x 36.
- Le
reflex numérique (DSLR pour Digital Single Lens Reflex
en anglais ou « reflex numériques mono objectif » par
opposition aux appareils reflex bi-objectifs, de type Rolleiflex), qui comporte
à la fois des appareils professionnels qui sont généralement
équipés d'un capteur CMOS de la
même taille qu'un capteur 24 x 36 (full frame en
anglais), et des appareils plus « grand public » équipés
de capteur un peu plus petits que le 24 x 36. La
réduction de la taille du capteur engendre un cadrage différent de
l'image, analogue au changement d'oculaire d'un télescope. Il en
résulte un coefficient de multiplication (crop factor en
anglais) à appliquer sur les focales des
objectifs pour avoir un cadrage équivalent au 24 x 36. Ce
facteur est généralement compris entre 1x (35 mm) et 2x chez
Olympus. Il
est de 1,6x chez Canon et de 1,5x chez
Nikon.
- Depuis 2008, d'autres types d'appareils numériques ont vu le
jour, comme les Panasonic G1 et
Olympus Pen E-P1. Ces appareils hybrides se rapprochent des reflex
par la taille de leur capteur ainsi que par la possibilité de
changer d'objectif.
- Le
bridge, ainsi nommé parce qu'il fait le « pont », en
termes de marketing, entre les deux classes précédentes, est un
appareil dont l'apparence est proche des reflex, mais qui n'a
généralement pas d'optique interchangeable ni de visée reflex par
le truchement d'un miroir et d'un prisme. La visée pseudo-reflex
des bridges est visible dans un viseur électronique à la façon
d'une caméra vidéo. Ils intègrent des capteurs de petites tailles,
au même titre que les appareils compacts.
- Le compact,
appareil grand public, dont le principal intérêt est le faible
encombrement et sa facilité d'usage.
- Un marché en plein essor, les appareils photos numériques des
téléphones portables.
Dans les quatre derniers segments, la vision directe de l'image
à photographier sur un écran ACL arrière permet de
s'affranchir du problème du viseur parallèle. Cette caractéristique
commence à figurer dans toutes les gammes de reflex.
La taille des capteurs de ces appareils numériques n'augmente
pas, c'est leur définition en nombres de pixels, et donc la
précision de l'image, qui augmente : 1 million de pixels en
2000, 14 millions de pixels en 2008. Sur le plan marketing, la
définition est un argument de vente très utilisé, à tort, car un
nombre trop important de pixels sur un petit capteur n'entraîne pas
une amélioration de la qualité d'image. Au contraire,
l'augmentation du nombre de pixels favorise l'apparition de
« bruit
numérique », notamment dans les zones sombres, même dans
les sensibilités les plus basses.
Retouche photographique [modifier]
Un intérêt essentiel de la photographie numérique réside dans
l'existence de logiciels de retouche tels que GIMP ou Adobe Photoshop
qui permettent d'améliorer une photographie jugée imparfaite
beaucoup plus facilement qu'à l'agrandisseur. La
retouche numérique autorise autant d'essais qu'on le désire sans
dépenses en papier photographique.
De tels logiciels donnent accès à des fonctions de plus en plus
nombreuses et sophistiquées que l'on peut regrouper
approximativement en :
- transformations géométriques ;
- modifications des couleurs et des valeurs ;
- gestion des calques ;
- travail sur des sélections partielles de l'image ;
- filtres destinés à produire des effets variés.
Les filtres les plus utilisés sont souvent des traductions
numériques de techniques inventées pour la photographie argentique.
Parmi ceux-ci, l'un des plus célèbres est le masque flou qui
permet d'améliorer la netteté apparente d'une photographie.
Inconvénients actuels des appareils numériques [modifier]
- Les appareils sont encore extrêmement gourmands en énergie
(surtout l'utilisation de l'afficheur LCD).
L'idéal est de pouvoir utiliser des batteries
rechargeables
métal-hydrure du commerce, sans effet mémoire
donc sans perte de capacité dans le temps, contrairement aux
accumulateurs cadmium-nickel.
Les derniers appareils numériques sont livrés avec des batteries au
lithium de capacité nettement supérieure à celles citées
précédemment, sans effet mémoire. Une recharge permet de prendre
entre 200 et 1500 photos suivant la capacité de la pile, l'emploi
ou non du flash incorporé, l'affichage systématique ou non des
images sur l'écran LCD et le type d'appareil.
- Un inconvénient qui commence à se réduire sur les nouveaux
appareils : le décalage entre l'appui sur le déclencheur et la
prise de vue, très sensible lorsqu'on a longtemps utilisé un
appareil argentique ; les sujets mobiles sont souvent hors
cadre sur le cliché. Ce problème n'existe pas sur les réflexes
numériques et il est produit par le temps de mise au point sur les
petits appareils.
- En voyage, il faut pouvoir recharger fréquemment les batteries
et prévoir une capacité de stockage importante pour les images.
1 Go de mémoire (ou plus) et un chargeur pour la voiture sont
une bonne précaution. On trouve aussi des appareils de déchargement
de fichiers qui comportent un disque dur de 20, 30, 40 Go avec
ou sans affichage (voir Epson, Jobo, etc.). On peut aussi avoir un
ordinateur portable pour le stockage.
- Les appareils à objectif interchangeable sont très sensibles au
problème de la poussière, d'autant que l'effet de soufflet produit
par la bague de zoom aspire les particules à l'intérieur, qui
viennent alors se déposer sur le capteur. Les solutions ou les
approches sont diverses selon les marques :
- Pentax place devant
le capteur un écran que l'on peut nettoyer. Le problème n'est que
repoussé au moment où une poussière viendra s'intercaler entre
l'écran et le capteur.
- Nikon et Kodak donnent des indications sur
les méthodes de nettoyage du capteur. Le nouveau D300 dispose d'un système
de nettoyage actif et le D3 d'un système
passif.
- Canon propose
dans le menu un nettoyage de capteur qui met celui-ci à nu pour un
nettoyage par air. Certain appareils (comme le EOS 400D, 500D, 5D
Mark II, 40D, 50D et EOS 1D Mark III) offrent un capteur
auto-nettoyant.
- Olympus
intègre à son E1 un
vibreur à ultrasons faisant tomber la poussière sur un ruban
adhésif.
- Presque toutes les marques suggèrent de ranger l'appareil
objectif vers le bas (afin de favoriser la chute des poussières
loin du capteur) et de ne changer l'objectif que dans une
atmosphère raisonnablement propre.
- La vulnérabilité des capteurs, notamment les CCD, à la
poussière est un problème complexe pour deux raisons principales.
La petite taille des pixels favorise leur occultation, cette
dernière est facilement visible sur les photos. La poussière très
fine, plus difficile à maîtriser, est aussi la plus sujette à
adhérence par effet de tension de
surface.
- La plupart des appareils à visée reflex sont équipés d'un
capteur
dont la taille est inférieure au traditionnel format
24 × 36 mm des pellicules utilisées en photographie
argentique. Par conséquent, il est nécessaire d'utiliser des
objectifs d'une focale inférieure si l'on souhaite obtenir un
cadrage
équivalent au 24 × 36.
L'« allongement relatif » de la focale est ainsi
problématique lorsque l'on utilise des objectifs grand-angle conçus
pour le 24 x 36 : le cadrage obtenu correspond à
celui d'un objectif de focale supérieure en 24 x 36. Cet
« inconvénient », résolu avec les capteurs
« 35 mm » 24 x 36 tels le format Nikon FX,
peut être un avantage lors de l'utilisation d'un
téléobjectif : le cadrage obtenu sera en effet équivalent à
celui d'un objectif d'une focale supérieure en 24 x 36.
Inversement, les objectifs conçus pour des capteurs de taille
inférieure au 24 x 36 auront un champ image insuffisant
pour un capteur 24 x 36, créant un vignettage des
bords et angles ;
- L'immatérialité des images numériques pose le problème de leur
pérennité : les photos numériques se conservent sur supports
numériques, reconnus comme peu fiables sur le long terme.
Toutefois, cette limitation est contrebalancée par la facilité à
dupliquer les images sur différents supports de stockage.
- La faible dynamique des capteurs qui impose une exposition très
précise: ce défaut rend difficile la réalisation de photographies
présentant de violents contrastes.
- La conception particulière des émulsions argentiques disposées
sur l'épaisseur du film permettait d'exploiter une certaine
tolérance sur mise au point. Sur les systèmes numériques la mise au
point doit être faite de manière ultra-précise sur la surface du
capteur, toute tolérance devenant interdite.
La mauvaise description des noirs [modifier]
Dans une photographie numérique, la description des valeurs
foncées peut être très pauvre. Une photographie numérique restitue
un spectre lumineux correspondant à environ cinq diaphragmes.
Par exemple, une image codée sur 8 bits (c'est le cas d'une
image compressée en JPEG)
produit 256 niveaux de gris (28). Fermer l'objectif de
la valeur d'un diaphragme revient à diviser la quantité de lumière
par deux, par conséquent, dans l'intervalle entre les deux
diaphragmes les plus ouverts, on obtient 256 / 2 = 128 niveaux de
gris. Dans l'intervalle suivant il ne restera plus que le quart (la
moitié de la moitié) de quantité de lumière décrite par 128 / 2 =
64 niveaux de gris, et ainsi de suite jusqu'au quatrième et dernier
intervalle qui lui ne sera plus décrit que par 16 niveaux de gris.
Donc, dans l'intervalle le plus sombre, l'information est dégradée
dans un ratio de un à huit par rapport à l'intervalle le
plus clair. Les valeurs sombres manquent terriblement de définition
et elles sont quasiment impossible à « éclaircir » dans
le cadre d'un étalonnage.
Il faut donc éviter absolument de sous-exposer ses prises de vue
numériques. Si l'appareil le permet, utiliser un mode qui permette
d'avoir une profondeur d'information supérieure à huit bits (16
bits par exemple). Le format RAW,
en plus d'offrir des possibilités d'étalonnage très sophistiquées,
permet de conserver la résolution du capteur. Cette résolution est
couramment de 12 ou 14 bits par composante pour les reflex actuels
(14 bits pour un Canon EOS 40D et
50D). En 14 bits,
la situation est déjà toute différente puisque l'intervalle entre
les deux diaphragmes les plus foncés est décrit par 1 024
niveaux de gris.
À l'attention des débutants [modifier]
Aujourd'hui, de nombreuses personnes ayant peu d'expérience en
photographie se retrouvent en possession d'un compact numérique et
peuvent être impressionnées par les expressions un peu mystérieuses
qu'elles découvrent alors. Les explications qui suivent tentent de
lever le voile de ces mystères :
Correction d'exposition [modifier]
Cette expression est parfois remplacée par compensation
d'exposition ou par compensation EV.
L'exposition du capteur numérique (ou du film sur un appareil
classique) est la quantité de lumière qu'il reçoit. Celle-ci croît
avec le temps
de pose et l'ouverture
du diaphragme. Sur un appareil évolué, le photographe choisit ces
deux paramètres tandis qu'un appareil automatique les choisit sans
intervention de l'opérateur.
Un automatique classique muni d'un film classique donne des
résultats acceptables dans bon nombre de circonstances. En
numérique (comme sur les diapositives), la gamme des expositions
qui font passer le capteur du noir au blanc est plus faible. Dans
ces conditions, on obtient plus fréquemment des zones sous- et/ou
surexposées et l'appareil choisit une position moyenne sans savoir
si elle satisfera le photographe.
Ainsi, le débutant peut photographier des fleurs dont les
corolles, qui présentent de jolies nuances dans la nature,
deviendront uniformément blanches sur la photo. L'explication
réside dans le fait que l'exposition était commandée par le fond
sombre majoritaire sur lequel se détachaient les fleurs
claires : le fond a été raisonnablement éclairci au détriment
du sujet et, pour obtenir une photo plus satisfaisante, il aurait
fallu ordonner à l'appareil de réduire l'exposition. Le cas inverse
se présente lorsqu'on photographie sur la neige un sujet qui
devient excessivement foncé.
C'est le rôle de la correction qui existe sur un compact
numérique mais pas sur un compact classique. Pratiquement, elle est
en général définie par des nombres variant par tiers entre -2
(sous-exposer) et +2 (sur-exposer). Ces nombres s'interprètent en
termes d'ouvertures du diaphragme mais il se trouve que, sur un
compact numérique, la très faible focale interdit les ouvertures
aussi petites que sur un 24 × 36, sous peine d'aberrations.
Le réglage de l'exposition se fait donc par le temps de pose :
-1 correspond à une division par 2 de celui-ci, +2 à une
multiplication par 4.
Balance des blancs [modifier]
Article détaillé : Balance des
blancs.
Un corps blanc est un corps qui réfléchit toutes les lumières,
toutes les couleurs. Il paraît donc blanc en lumière blanche et
rouge en lumière rouge.
Le problème se complique lorsqu'on constate qu'un corps blanc
peut paraître blanc aussi bien sous un éclairage incandescent que
sous un ciel gris. En effet, les physiciens assurent que le premier
éclairage produit une lumière rougeâtre tandis que le second
produit une lumière bleuâtre. C'est le cerveau qui interprète,
jusqu'à un certain point, les couleurs vues par les yeux.
Il se complique encore plus lorsque cette interprétation ne
fonctionne plus en face d'une photo de la scène considérée. Ainsi,
on peut être plus ou moins choqué par une photo d'intérieur avec
une dominante rouge ou une photo d'extérieur avec une dominante
bleue.
En photographie argentique, ce problème se résout en utilisant
des films et des filtres adaptés à tel ou tel type d'éclairage. En
numérique, le calculateur se contente de modifier quelques valeurs,
ce qui est une méthode beaucoup plus souple. Ainsi, le photographe
a généralement accès aux réglages Incandescent, Luminescent, Flash,
Soleil, Ombre, Nuages,...
Deux autres positions sont disponibles. La position Auto tente
d'imiter l'ajustement effectué par le cerveau, semble-t-il avec
succès dans de nombreux cas. À l'opposé, la position Blanc mesuré
est commode pour des éclairages hors du commun (on cite souvent le
cas d'une pièce éclairée à la fois par des ampoules et des tubes).
Dans ce cas, il suffit de viser un papier blanc situé sous
l'éclairage et de déclencher pour obtenir le bon réglage.
Les grandes marques d'appareils photo numériques [modifier]
Article détaillé :
Industrie de la photographie numérique.
Impression d'une photographie numérique [modifier]
Article détaillé : Impression
photo numérique.
L'image
numérique devient une photographie au
sens commun du terme quand elle prend la forme d'une épreuve
permanente sur papier. Le passage du
fichier
image issu de l'appareil photo numérique ou du scanner
(éventuellement retravaillée sur ordinateur) à cette
épreuve finale se fait via une imprimante. Une
chaîne ne valant que ce que vaut son maillon le plus faible, le
développement de la photo numérique a longtemps été freiné par les
médiocres performances (coût élevé, qualité médiocre des images
produites) de ces périphériques. Ce problème a heureusement été
réglé depuis, et l'on trouve maintenant des modèles abordables,
capables d'atteindre la fameuse « qualité photo ». Il
existe aujourd'hui deux grands types d'imprimantes utilisés pour la
photo numérique : celles dites à sublimation
thermique et celles à jet
d'encre (voir le label de qualité digigraphie). Le
prix d'achat de l'imprimante et la définition maximale des images
qu'elle fournit constituent des critères de choix importants, mais
le rapport qualité/prix de chaque modèle dépend également du coût
des consommables, notamment des cartouches d'encre noir ou couleur,
qu'il nécessite. À noter en outre que, si les imprimantes à jet
d'encre peuvent fonctionner avec du papier ordinaire, elles ne
donnent leur pleine mesure qu'avec du papier dit « qualité
photo », qui n'est pas vraiment bon marché, même si
l'augmentation de la consommation tire les prix vers le bas.
Côté professionnels, la
Pictrographie est un des premiers procédés d'impression
permettant d'obtenir une image similaire aux tirages argentiques.
Il reste encore utilisé aujourd'hui dans certains studios car son
rendu est bien supérieur aux impressions par jet d'encre qui ne
peuvent reproduire la totalité du spectre Rouge vert bleu
(RVB), ne pouvant se limiter techniquement qu'au CMJN (voir
aussi : gamut).
Le meilleur rendu actuellement au point reste le traitement de
l'image numérique sur papier argentique.
La numérisation de film [modifier]
Quand on n'utilise pas un appareil photo numérique, on peut tout
de même pratiquer la photographie numérique. Plusieurs chemins
s'offrent à l'amateur et au professionnel.
Cette approche très répandue avant que les appareils photo
numériques soient disponibles avec la qualité actuelle repose sur
la numérisation d'une prise de vue
argentique traditionnelle soit au niveau du film (négatif
ou diapositive)
soit de l'image sur papier (voir plus loin, « le scan
de reproduction »).
On utilise alors un scanner à
haute résolution (de 2 000 dpi à 5 400 dpi pour les
scanners amateurs, bien plus pour les scanners professionnels) qui
analyse directement le négatif ou la diapositive et fournit une
image numérique. Certains scanners de film sont munis de
dispositifs capables de corriger automatiquement les défauts du
film : poussières, rayures. En effet, étant donnée la petite
taille du document initial (24 x 36 mm) les
égratignures et les poussières collées sur le film prennent des
proportions souvent gênantes. Les premiers utilisateurs étaient
obligés de faire un nettoyage manuel dans leur logiciel de
retouche d'image. Les scanners les plus performants offrent une
détection automatique de la présence des poussières par une analyse
parallèle utilisant un canal infrarouge qui sert
ensuite à appliquer un filtrage automatique localisé.
- Un scanner de film est généralement moins cher qu'un appareil
photo numérique de la résolution équivalente (mais cela changera
sans doute).
- Le prix d'un appareil numérique peut être onéreux mais il
permet d'économiser de nombreux frais de développement.
- La plupart des labos photo proposent maintenant le
développement des films avec numérisation sur un CD-ROM : il est
donc moins utile d'avoir un scanner de film, toujours délicat et
fastidieux à utiliser.
- Le photographe ne profite pas de l'avantage de la prise de vue
numérique (la disponibilité immédiate des images).
- L'offre de scanners de film est limitée et le marché se
concentre vers les modèles professionnels. Les scanner à plat
acceptant des films ont fait des progrès considérables, offrant
désormais une résolution confortable (de 2 400 dpi à
4 800 dpi en résolution optique), une bonne dynamique
(dmax comparable aux outils professionnels) et des logiciels
d'exploitation très performants. Il existe un modèle vendu à un
prix « abordable » qui offre 6 400 dpi de
résolution optique.